L’histoire d’Aizah Kashif qui a su faire le pont entre la science et la mise en récit au sein d’une entreprise en démarrage
Le programme « L’expérience entrepreneuriale » aide une étudiante en biomédecine à se familiariser avec l’esprit entrepreneurial et à trouver sa propre voie
Pour Aizah Kashif, étudiante de première année en sciences biomédicales à l’Université d’Ottawa, un stage organisé par l’entremise du programme L’expérience entrepreneuriale a été bien plus qu’une simple ligne à ajouter à son CV. Il lui a permis de faire ses premiers pas dans le monde de l’innovation en santé.
« J’ai consulté la liste des offres sur l’une des pages du site Web de notre université et parcouru toutes les propositions pour différents types de stages », explique-t-elle, précisant qu’elle a finalement trouvé une annonce pour une entreprise en démarrage dans le secteur médical. « Elle correspondait à ce que je recherchais, à savoir acquérir plus d’expérience dans le secteur de la santé ».
L’expérience entrepreneuriale est un programme mis en œuvre par le Hunter Hub for Entrepreneurial Thinking de l’Université de Calgary et financé en partie par l’Initiative d’apprentissage innovant intégré au travail du gouvernement du Canada. L’objectif du programme est de permettre aux étudiants au niveau postsecondaire de mettre en pratique l’esprit d’entreprise aux côtés d’innovateurs du monde réel.
Après avoir passé un entretien et présenté quelques-uns de ses précédents travaux, Aizah a été engagée comme responsable du marketing par médias sociaux pour Quip Medical – une application permettant d’optimiser la facturation et d’automatiser la documentation clinique. Elle s’est rapidement rendu compte que son rôle ne se limitait pas à publier du contenu, mais également à créer une identité de marque, tout en se constituant un réseau professionnel.
« Mon rôle consistait à trouver des sujets ou des événements d’actualité dans le domaine de l’entrepreneuriat ou de la santé, à créer des visuels et à rédiger un texte concis et accrocheur », explique-t-elle. Le but était de renforcer la visibilité de Quip sur LinkedIn et de présenter l’entreprise comme active et impliquée. »
Les publications étaient mises en ligne sur le site de Quip toutes les deux ou trois semaines.
« Même si je faisais de la conception graphique et du marketing, je trouvais très intéressant de travailler pour une entreprise du secteur de la santé. Dans un deuxième temps, mon travail a consisté à contacter des professionnels du secteur entrepreneurial en santé pour leur proposer de participer à des entrevues. »
Avec l’ambition de devenir médecin et d’avoir son propre cabinet, ces échanges se sont révélés à la fois inspirants et enrichissants pour Aizah.
« J’ai beaucoup appris, en particulier des médecins. Un médecin de famille m’a aidée à comprendre comment les choses fonctionnent réellement, comme les raisons derrière la pénurie de médecins et l’épuisement professionnel. J’ai compris qu’il y avait bien plus de choses à prendre en compte que je ne l’imaginais. J’ai appris que, même si les choses ne se déroulent pas comme prévu, elles peuvent tout de même bien se passer. Il n’existe pas de chemin tout tracé, surtout dans le domaine médical. »
Aizah a occupé ce poste rémunéré chez Quip pendant six mois, 5 à 10 heures par semaine, sans que cela n’interfère avec ses études.
« Mon travail s’articulait en plusieurs étapes : je préparais des questions, et après leur validation, je réalisais l’entrevue, je rédigeais l’article et je créais des visuels. J’étais très autonome, bénéficiant d’une grande liberté sur le plan créatif, explique-t-elle. J’ai eu le sentiment de pouvoir m’épanouir et de faire entendre ma voix. Je présentais mon projet à mon superviseur et nous avions des réunions bihebdomadaires pour discuter des problèmes ou de nouvelles idées. »
L’un des cadres de Quip avec lesquels elle a travaillé, étudiant en médecine et futur médecin, correspondait mieux aux projets d’Aizah que la plupart des innovateurs et fondateurs d’entreprises en démarrage qu’elle a rencontrés.
« J’ambitionne réellement de devenir médecin et avoir mon propre cabinet est l’aspect entrepreneurial qui me plairait, explique-t-elle. Les PDG avec lesquels j’ai travaillé étaient en constante rivalité, toujours à l’affût d’occasions de réseautage… c’est un aspect de l’entrepreneuriat qui m’effraie un peu. Bien sûr, si je veux ouvrir mon propre cabinet, je ne pourrai peut-être pas y échapper, mais je préfère éviter de me laisser entraîner dans le jeu de la compétition. »
Pour Aizah, ce stage a renforcé sa passion pour la médecine, tout en développant ses compétences de manière inattendue.
Je recommande aux étudiantes et étudiants de participer au programme L’expérience entrepreneuriale. À aucun moment je ne me suis sentie épuisée. J’ai trouvé mon travail à la fois productif et gratifiant, et interviewer des personnes a été particulièrement enrichissant. »
Cet été, elle enrichira ses connaissances en sociologie et en sciences politiques, tout en gardant son objectif futur en ligne de mire.
« Mon but est d’intégrer une école de médecine, de décrocher mon diplôme, d’ouvrir mon propre cabinet et de prendre soin de mes patients en toute sérénité, explique-t-elle. C’est exactement là où je veux être dans quelques années. »